Hester Goodman : l’interview

1 octobre 2010
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Bonjour bonjour,
La pochette de l'album d'Hester
aujourd’hui, on continue notre série d’interview des membres du Ukulele Orchestra of Great Britain avec Hester Goodman. Pourquoi ? Tout simplement pour célébrer la sortie de son premier album solo, You could at least smile. Comme d’habitude à la fin de l’interview vous retrouverez tous les liens internet utiles concernant Hester.

Qui est Hester Goodman ?

Hester Goodman est une femme qui a passé 20 ans à essayer de s’exprimer à travers différents moyens tels que jouer, chanter, danser, peindre, écrire et enseigner. C’est une chanteuse et une joueuse de ukulele. Membre du Ukulele Orchestra of Great Britain. Une bonne coiffeuse.

Tu as d’abord fait du théâtre. Quand as-tu commencé à jouer du ukulele ?

Quand j’avais 20 ans, j’ai appris toute seule. Mon père jouait du ukulele depuis qu’il était enfant et il en a joué pendant toute mon enfance. Mais c’est quand j’ai déménagé à Londres pour essayer de démarrer ma carrière au théâtre que j’ai vraiment commencé à jouer. J’ai réalisé à quel point c’était un super instrument. En plus, il me permettait de ne pas passer inaperçue aux auditions, puisqu’il n’y avait personne de moins de 60 ans qui jouait du ukulele en Angleterre à l’époque. J’ai eu mon premier rôle grâce à lui.

Quand as-tu rejoint le Ukulele Orchestra of Great Britain ?

En 1990. Comme je l’ai dit, je ne connaissais personne, à part mon père, qui jouait du ukulele. J’avais vu une affiche du groupe en 1987, et il fallait que j’y aille. Quelques années plus tard, on m’a demandé de venir à une répétition… et le reste appartient à l’histoire.

Dans tes influences musicales, tu évoques les membres de ta famille. Est-ce qu’on peut dire qu’être artiste est une tradition dans la famille Goodman ?

Je suppose que oui. Mon père était un potier (un artisan plus qu’un artiste) et il travaillait à la maison. Donc je le voyais être son propre patron, et être créatif et expressif. Et il y avait toujours de la musique. Il jouait du ukulele et de la flûte à bec parmi d’autres choses, ma mère jouait du piano (un véritable don), mon frère jouait de la guitare, du banjo et un peu de ukulele, ma soeur a joué dans un groupe de flûte à bec enfant, et plus tard s’est mise à la musique irlandaise, elle a joué de la flûte et elle s’est mise à siffler. Et il y avait moi, un peu comédienne, qui aimait être sur scène, chanter, et qui pouvait essayer de retrouver une mélodie avec la majorité des instruments présents à la maison.

Tu aimes différentes choses en matière de musique, Bach ou Debussy, ou Billie Holliday et les Beatles. D’où te viennent ces influences ?

De la maison. On n’avait pas la télé, et on écoutait seulement BBC 3 et BBC 4 à la radio, donc je me réveillais avec de la musique classique tous les matins. Mes parents se sont rencontrés à Cecil Sharp House à une soirée de danse folklorique. Donc la musique folk anglaise (et plus tard d’autres types de musiques folk) a eu une énorme influence.

J’ai appris à chanter, et à aimer ça, depuis toute jeune. Et mon père avait une belle collection de vieux 78 tours de Jazz, d’orchestres de xylophone et d’autres choses étranges des années 20 et 30. Mon frère et ma soeur m’ont aussi influencé et en grandissant, j’ai goûté au funk, au rock, au punk, etc. J’ai découvert les Beatles quand j’avais 12 ans et ils ont changé ma vie. Quand j’étais ado, j’adorais Jethro Tull, et plus tard j’ai découvert Randy Newman, qui m’a soufflé – quel auteur !

Quand as-tu décidé de faire un album solo et pourquoi ?

Au début de l’année 2009. J’avais quelques chansons qui traînaient et dont je n’avais jamais vraiment rien fait, et je travaillais de plus en plus avec le Ukulele Orchestra, on voyageait à travers le monde. Je voulais juste rajouter à ce que j’avais déjà, et donner un sens à beaucoup de choses de ma vie – d’un point de vue musical, émotionnel et artistique. Donc j’ai commencé à écrire au cours de l’année 2009 en sachant un peu mieux dans quelle direction j’allais, et j’ai enregistré la maquette juste avant Noël.

Qu’est-ce qui t’as inspiré ?

Les relations humaines, les mots, la poésie, les pensées d’une nature existentielle, la nature, l’amour, la haine, la perte d’un être cher, l’espoir, pour ne citer que quelques idées.

Est-ce que tu as d’abord écrit les paroles ou la musique ? Comment travailles-tu ?

C’est un mélange en fait. Quand j’ai commencé à écrire, les deux venaient ensemble, quelques chansons ont donc été écrites de cette façon. J’ai d’abord essayé d’écrire les paroles en premier -sur une ou deux chansons, et j’ai aussi essayé d’écrire une mélodie en premier- bien que ce soit plus dur pour moi. (Si je devais écrire sur la musique de quelqu’un d’autre, je pense que je trouverais ça moins dur). Il y a aussi quatre morceaux instrumentaux.

Est-ce que tu as travaillé toute seule ou avec d’autres musiciens pour l’album ?

J’ai écrit toutes les chansons (sauf celle avec l’accordéon), et ensuite j’ai impliqué d’autes musiciens.

Quand on écoute tes chansons sur ton myspace, particulièrement les très jolies Love in a dinner et Love in a cafe, on note la présence du ukulele mais le piano domine. Peut-on dire que tes chansons reflètent plus le travail d’Hester la chanteuse et l’auteur/compositeur que le travail d’Hester la joueuse d’ukulele ?

Oui, sans aucun doute. En fait, j’ai écrit pas mal de chansons au piano (bien que je n’en joue pas sur l’album – je suis une joueuse plutôt basique, mais je le trouve tellement bien pour écrire, j’aime beaucoup le piano).

Quand on écoute Sleep tight, on se transporte aisément dans un monde imaginaire, tel que celui de Peter pan ou de Mary Poppins. As-tu été influencé par ton travail théâtral pour cette chanson ?

Bien vu ! C’est vraiment une référence à mon alter ego, Mary Poppins. Mais pas celle du film. Quand on lit le premier chapitre du premier livre, on comprend mieux. Elle est sinistre, magique, et un petit peu effrayante !

Quels sont tes plans pour la suite ? Des concerts pour promouvoir ton album ? D’autres projets ?

Il y a (eu) la fête de lancement de l’album à Londres le 15 septembre et j’espère faire de plus de concerts avec le groupe, ils sont fantastiques.

Pour finir, quelques questions. Si tu étais…

Un instrument : piano ou ukulele

Une chanson : une ballade

Un livre : Mary Poppins

Un film : Brief Encounter (un film anglais de David Lean, de 1945)

Un personnage célèbre : Linda thompson ou Joni Mitchel

Un personnage historique : c’est difficile, je ne suis pas sure

Un objet : un parapluie

Sur internet

Le site d’hester : www.hestergoodman.com

Vous retrouverez rapidement sur le site des photos et des vidéos de la soirée de lancement de l’album

Le myspace d’Hester : http://www.myspace.com/newhester

Pour acheter l’album d’Hester, c’est ici

Bon alors et cet album il est comment ?

Dans cet album il y a bien sûr Hester et sa voix que l’on aime tant. Il y a aussi Andy Hamill. George Hinchliffe (oui oui, « notre » George du Ukulele Orchestra) qui ne joue pas que du ukulele. Dan Teper. Justin Woodward. Lucas Hollweg et Pando. Il y a les mots d’Hester et sa musique. Des chansons à texte. Vous savez le genre de chansons avec du piano, des balais qui se posent sur la caisse claire d’une batterie, des doigts qui roulent sur une contre basse, une pincée d’ukulele, le tout relevé d’une pointe d’accordéon qui nous emmène dans une chanson d’amour ou dans un tango vampirisant. Il y a aussi un monde imaginaire, de Moon song à Sleep tight, on rencontre même Dracula. On swingue. On blues. On valse. Et on fredonne. Il y a aussi quatre instrumentaux. Et une chanson qui s’intitule… Chanson. Il y a tout le talent d’Hester, et sa voix à la fois douce et puissante. On souhaite longue vie à cet album, et on attend le prochain avec impatience.

Merci à Hester d’avoir répondu à mes questions, à Andrea pour les photos ci dessus de la soirée de lancement, et à Sinéad pour l’aide à la traduction.

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